Lucien reconnaît que certaines espèces sont plus « faciles » à multiplier que d’autres. « Parmi les plus techniques : les choux, qu’ils soient de Bruxelles, raves, fleurs, frisés, pommes ou rouges, liste-t-il. Ces variétés sont très sensibles aux maladies fongiques et aux insectes, à commencer par les pucerons et les coléoptères. Étant en culture biologique, nous n’utilisons bien sûr aucun produits de synthèse. » Cela n’empêche pas d’activer certains modes de protection, comme la pose de filets aux deux extrémités du tunnel pour limiter l’entrée de ravageurs : une installation qui permet aussi de préserver la pureté variétale en évitant le passage de pollen d’une serre à l’autre. « Pour lutter contre les pucerons, nous semons aussi des féveroles et des bandes fleuries dans les tunnels, poursuit-il. Attractifs pour la faune auxiliaire, ces éléments constituent un relai idéal pour offrir gite et couvert à ces insectes qui, ensuite, se délecteront des pucerons très fréquents sur les choux par exemple. Et si besoin, nous utilisons aussi du savon noir et quelques huiles essentielles. »
Pour limiter l’installation des maladies, les deux agriculteurs observent régulièrement les pieds : dès que des tâches sont repérées, ils nettoient, à la main, chaque pied, en enlevant les feuilles ou les inflorescences touchées. Un travail chronophage, fastidieux... mais indispensable. Quant au désherbage, il se fait également manuellement. « En moyenne, nous passons entre 2000 et 3000 heures dans chaque hectare de chou destiné à la multiplication », comptabilise-t-il.