Si le chou de Saint-Saëns a bénéficié de l’appui du CRRG, c’est grâce aux trois missions de la structure qui fête son 40e anniversaire cette année : conserver les ressources génétiques, évaluer tout le patrimoine de la région Hauts-de-France d’un point de vue agronomique (rendement, tolérance aux maladies, précocité, etc.) mais aussi d’un point de vue organoleptique et nutritionnel, et enfin valoriser ce travail auprès du grand public, avec la diffusion de variétés auprès des jardiniers amateurs, comme cela se fait avec le grainetier local Bocquet.
Navet de Péronne, oignon Rouge d’Abbeville, carotte de Tilques… Ces autres variétés ont pu aussi être sauvegardées par le travail du CRRG, avec l’appui de nombreux amateurs passionnés. « Chaque année, plusieurs dizaines de jardiniers nous amènent des variétés a priori anciennes que nous étudions, pour analyser leur appartenance au patrimoine picard et nordiste », explique le responsable. Mais les origines des légumes, fruits ou céréales, peuvent avoir des racines plus lointaines, grâce aux populations immigrées dans la région les décennies passées, emmenant dans leurs bagages leurs propres ressources. « Cette diversité d’origines sera notamment étudiée sous l’angle de l’adaptation au changement climatique, dans un projet appelé DivAgro lancé en 2024 pour une durée de 5 ans. L’enjeu est d’évaluer certaines variétés et d'expérimenter de nouveaux systèmes de culture, pour enfin les diffuser aux producteurs. »