La France, découpée en 11 régions biogéographiques
Mais comment identifier ces semences ? « C’est tout l’enjeu de la marque Végétal local (1), créée en 2015 et devenue en 2025 un label, poursuit-elle. Il est là pour repérer les plantes d’intérêt, garantir leur origine et attester de leur traçabilité. » Pour aider les professionnels et les particuliers à identifier les graines, plantes et boutures les mieux adaptées à leur territoire, la France métropolitaine a été découpée en 11 régions « biogéographiques » et l’Outre-Mer, en 12. Une répartition qui tient compte des données hydrographiques, climatiques, géologiques, d’altitude propres à chaque zone. « Un catalogue en ligne (https://catalogue.vegetal-local.fr/) permet, quant à lui, de consulter la liste des espèces locales adaptées à votre commune et identifie même les pépiniéristes proches de chez vous, habilités à les vendre. »
Opter pour des semences labellisées Végétal local, c’est aussi l’assurance que la collecte de ces végétaux a été menée de manière durable et responsable pour ne pas épuiser la ressource. « Ainsi, il est interdit de prélever plus de 25 % des semences par individu ou par site, et pas plus de trois années consécutives dans un même lieu, complète Sandra Malaval. L’objectif est aussi d’assurer une importante diversité génétique dans le lot collecté, en optant pour des individus de taille différente par exemple. Une stratégie pour garantir une bonne adaptation de l’espèce, à court et long terme, dans un milieu donné. »
200 collecteurs et 800 espèces labellisés
Une fois prélevées dans la nature par près de 200 collecteurs labellisés, ces semences sont multipliées dans la région d’origine : par les collecteurs eux-mêmes ou par des semenciers ou des pépiniéristes également détenteurs du label et donc régulièrement audités. Depuis 10 ans, l'interprofession Semae a en charge tous les audits, à chaque étape de contrôle. Lors de la multiplication, la diversité génétique des végétaux, y compris des arbres et des arbustes, reste également une priorité. Les végétaux sont ensuite vendus pour une utilisation locale. Ils intéressent notamment les gestionnaires d’espaces naturels, les maitres d’ouvrage ou les collectivités impliqués dans la restauration écologique de terrains. Les particuliers, les agriculteurs ou les acteurs de l’agroforesterie peuvent également être séduits par ce catalogue, riche de plus de 800 espèces – sur les 6000 espèces sauvages répertoriées en France. « Force est de constater que la préservation de la biodiversité intéresse de plus en plus de personnes, confie-t-elle. Entre 30 et 40 nouvelles structures décrochent chaque année le label. Une bonne nouvelle pour la nature ! »
Anne Gilet
(1) Si le label reste aujourd’hui la propriété de l’OFB, l’animation de la démarche est assurée collectivement par l’OFB, le réseau des Conservatoires botaniques nationaux (au nombre de 14), le réseau Haies France et l’association Plante & Cité.